Fiscalité à l’île Maurice : flat tax, impôts et ce que paie vraiment un expatrié (mise à jour 2026)

Expatrié travaillant à un bureau d’appartement en bord de mer à l’île Maurice, calculatrice et documents fiscaux, vue sur le lagon — Fiscalité à l'île Maurice flat tax impôts ce que paie vraiment un expatrié

La fiscalité mauricienne est simple… mais pas toujours comme on l’imagine.

Si vous tapez “flat tax Maurice” ou “impôts expatrié île Maurice”, vous cherchez généralement deux choses : combien vous paierez réellement (impôt sur le revenu, charges sociales, TVA, immobilier) et dans quels cas Maurice taxe (ou non) vos revenus étrangers. Cet article vous donne une vue claire, chiffrée et à jour, avec des exemples concrets et les points de vigilance.

Pour aller plus loin sur l’installation (visas/permis, logement, banque, scolarité, immobilier), vous pouvez aussi consulter le site d’Expat Mauritius et leurs ressources.

1) “Flat tax” à Maurice : mythe, raccourci… et nouvelle réalité depuis 2025

Un barème désormais en 3 tranches (0% / 10% / 20%)

On parle encore souvent d’une “flat tax” à Maurice, car pendant longtemps l’impôt sur le revenu a été présenté comme faible et lisible. Depuis le 1er juillet 2025, l’impôt sur le revenu des personnes physiques (sur le chargeable income) suit un barème en trois tranches :

  • 0% sur les premières Rs 500 000 de revenu imposable annuel,
  • 10% sur les Rs 500 000 suivantes,
  • 20% sur le reste.

À retenir : le mot “flat tax” reste utilisé dans les recherches, mais la réalité fiscale 2025/2026 est progressive (jusqu’à 20%), tout en restant souvent compétitive comparée à de nombreux pays européens.

Année fiscale mauricienne : un point qui change les repères

À Maurice, l’impôt sur le revenu se raisonne par income year (année de revenus) qui court typiquement du 1er juillet au 30 juin. Par exemple, l’income year 2025/2026 couvre du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026.

Le “chargeable income” : c’est la base imposable, pas votre salaire brut

L’impôt s’applique au revenu imposable (chargeable income), calculé comme : revenu brut – déductions autorisées – exemptions/reliefs. Dit autrement, deux personnes avec le même “brut” peuvent payer des montants différents selon leur situation et les déductions applicables.

2) Résidence fiscale : le vrai déclencheur (résident vs non-résident)

Quand êtes-vous considéré “résident fiscal” à Maurice ?

La résidence fiscale se détermine selon des critères posés par la législation fiscale mauricienne. De manière pratique, l’administration retient notamment la présence :

  • 183 jours ou plus dans l’année fiscale concernée, ou
  • 270 jours ou plus sur l’année fiscale concernée + les 2 années précédentes (agrégé).

Important : la résidence fiscale n’est pas strictement la même chose que le statut d’immigration (visa/permis). Dans la vraie vie, ces sujets s’entrecroisent : votre permis vous permet de vivre/ travailler/ investir, tandis que la résidence fiscale détermine le périmètre de vos revenus imposables.

Résident : Maurice taxe vos revenus mauriciens… et certains revenus étrangers s’ils sont remisés/rapatriés

Selon la Mauritius Revenue Authority (MRA), une fois la règle de résidence satisfaite, le résident est soumis à l’impôt à Maurice sur les revenus dérivés à Maurice ou remitted to Mauritius (rapatriés/remis à Maurice). La MRA précise aussi qu’un résident peut être éligible aux reliefs, déductions et allowances, alors que le non-résident n’y a pas droit.

En pratique, c’est un point central pour les expatriés : la manière dont vous encaissez vos revenus “étrangers” (et où vous les rapatriez) peut changer votre base imposable à Maurice. Dans certains cas, un revenu étranger rapatrié des années plus tard peut être imposable l’année du rapatriement.

Non-résident : taxation limitée aux revenus de source mauricienne

La MRA indique que les non-résidents sont imposés uniquement sur le revenu net dérivé de / accru à Maurice, et qu’ils ne bénéficient pas des reliefs/déductions/allowances accordés aux résidents.

Tax Residence Certificate (TRC) : utile pour les conventions fiscales

Si vous devez prouver votre résidence fiscale mauricienne (banque, employeur étranger, administration fiscale de votre pays d’origine, application d’une convention fiscale), la MRA prévoit une démarche de Tax Residence Certificate (TRC), notamment via ses e-services.

Et pour vérifier l’existence d’une convention fiscale entre Maurice et un pays (et accéder à la liste officielle), la page “Double Taxation Agreements” de la MRA est la référence.

Note de prudence : la résidence fiscale peut rester contestable si vous gardez un “centre d’intérêts” fort ailleurs (famille, foyer permanent, activité principale). Les conventions fiscales (quand elles existent) prévoient souvent des règles de départage. Faites valider votre situation si les enjeux sont élevés.

3) Salarié expatrié : ce que vous payez vraiment (impôt + contributions)

Impôt sur le revenu prélevé à la source (PAYE)

Pour un salarié, l’impôt est généralement retenu via le système PAYE (Pay As You Earn). Les taux 2025/2026 reposent sur le barème 0% / 10% / 20%.

À noter : la MRA indique aussi qu’un salarié dont les emoluments mensuels ne dépassent pas Rs 38 462 peut être considéré “exempt employee” (dans certaines conditions PAYE).

CSG (Contribution Sociale Généralisée) : une retenue sociale importante

Au-delà de l’impôt sur le revenu, beaucoup d’expatriés découvrent la CSG. Pour un salarié du secteur privé (non public), la MRA affiche notamment les taux suivants (sur le salaire de base ou bonus prescrit) :

  • si la rémunération mensuelle ≤ Rs 50 000 : 1,5% (part salarié) et 3% (part employeur),
  • si la rémunération mensuelle > Rs 50 000 : 3% (part salarié) et 6% (part employeur).

PRGF (Portable Retirement Gratuity Fund) : un coût employeur à connaître

Autre composante fréquemment oubliée dans les comparaisons internationales : le PRGF. Le guide MRA indique que l’employeur doit contribuer au PRGF à 4,5% de la rémunération mensuelle de chaque travailleur (avec des aménagements temporaires pour certaines PME sur la période indiquée dans le guide).

Exemple simple (pour comprendre l’ordre de grandeur)

Imaginons un expatrié salarié dont le revenu imposable annuel (chargeable income, après déductions/exemptions) est de Rs 1 500 000 sur l’année fiscale.

  1. 0% sur Rs 500 000 = Rs 0
  2. 10% sur Rs 500 000 = Rs 50 000
  3. 20% sur Rs 500 000 = Rs 100 000

Total impôt (hors autres mécanismes) : Rs 150 000 sur l’année, soit un taux moyen “sur base imposable” de 10% dans cet exemple. À cela peuvent s’ajouter des contributions sociales (CSG) et, selon votre niveau de revenus, des mécanismes spécifiques (voir ci-dessous).

4) Hauts revenus : la “Fair Share Contribution” (à ne pas ignorer)

Seuil à Rs 12 millions et taux à 15% sur l’excédent

La MRA prévoit, en plus de l’impôt sur le revenu, une Fair Share Contribution (FSC) pour les personnes dépassant un certain seuil. Le document “Payroll Taxes” de la MRA indique notamment :

  • application lorsque le Fair Share Contribution Income Threshold dépasse Rs 12 000 000 sur une année de revenus,
  • calcul à 15% sur le revenu au-delà de Rs 12 000 000,
  • applicable pour l’income year démarrant le 1er juillet 2025 et les deux années suivantes.

Point subtil mais crucial : la MRA inclut dans ce seuil des éléments comme certaines dividendes domestiques (même si ces dividendes peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu en tant que tels).

5) Entrepreneurs, freelances, dirigeants : impôts et obligations les plus courantes

Impôt sur les sociétés : taux standard à 15% (avec cas particuliers)

Pour une activité via société, le taux standard de l’impôt sur les sociétés à Maurice est généralement présenté comme 15%. Mais la réalité peut être plus nuancée selon votre secteur (incitations, exemptions, règles “substance”, etc.) et depuis les réformes liées aux standards internationaux (par exemple, dispositifs visant certains groupes multinationaux).

Si vous entreprenez, l’enjeu n’est pas seulement “le taux” : c’est aussi la qualification des revenus, la tenue comptable, la TVA, la paie si vous embauchez, et la cohérence entre immigration / résidence fiscale / facturation. L’accompagnement “installation + business” fait souvent gagner des mois d’allers-retours administratifs : vous trouverez des repères dans les guides d’expatriation Expat Mauritius.

TVA (VAT) à 15% : seuil d’immatriculation abaissé et nouveautés 2026

La TVA à Maurice est au taux standard de 15%.

Depuis le Budget 2025–2026, PwC Mauritius récapitule une mesure importante : le seuil d’immatriculation TVA a été abaissé de Rs 6 millions à Rs 3 millions de chiffre d’affaires taxable, avec effet au 1er octobre 2025.

Autre point “expat-friendly” mais souvent invisible : à compter du 1er janvier 2026, la MRA précise que certaines prestations digitales/électroniques fournies depuis l’étranger à Maurice peuvent être soumises à TVA à 15% (avec obligations pour les fournisseurs étrangers selon les cas).

Dividendes, intérêts, retenues à la source : ce qui change la trésorerie

Pour les personnes physiques, la MRA liste des revenus exonérés d’impôt. Parmi les éléments les plus cités par les expatriés :

  • Dividendes payés par une société résidente à Maurice : exonérés d’impôt sur le revenu.
  • Intérêts sur certains comptes d’épargne ou dépôts (selon conditions) : la liste MRA prévoit des cas d’exemption.

Sur le plan “retention à la source”, des synthèses fiscales reconnues (Deloitte, PwC Tax Summaries) rappellent aussi qu’il n’y a généralement pas de retenue à la source sur les dividendes à Maurice (taux domestique 0%).

6) Investissements et patrimoine : plus-values, revenus étrangers, et “remittance basis”

Plus-values : l’idée générale (et sa limite)

Maurice est souvent décrite comme un pays sans impôt sur les plus-values. Côté MRA, on retrouve notamment l’exemption des gains/profits sur la vente d’unités, securities ou debt obligations.

En complément, des cabinets reconnus rappellent que Maurice ne taxe généralement pas les plus-values, tout en soulignant une nuance : si une opération ressemble à une activité de trading (nature commerciale), l’administration peut requalifier certains gains.

Revenus étrangers : imposables si vous êtes résident et si les fonds sont “remitted” à Maurice

La page MRA “Foreign Income” est claire sur le principe : le revenu étranger comprend notamment salaires, pensions, revenus d’activité, loyers, revenus d’investissement, intérêts… et il est taxable dans les mains du résident. Puis, la MRA précise que le résident sera soumis à l’impôt sur les revenus dérivés à Maurice ou remitted to Mauritius.

Enfin, la MRA a aussi publié des clarifications sur le traitement de distributions provenant d’entités fiscalement transparentes étrangères : si une distribution conserve la nature de plus-value, elle n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu à Maurice (selon ce communiqué).

7) Immobilier : taxes à l’achat/vente et ce qui est prévu au 1er juillet 2026

Droits d’enregistrement & Land Transfer Tax : le “vrai coût” d’une transaction

Dans une transaction immobilière mauricienne, on parle souvent :

  • de Registration Duty (souvent à la charge de l’acheteur),
  • et de Land Transfer Tax (souvent à la charge du vendeur).

L’EDB (Economic Development Board) rappelle par exemple que le Land Transfer Tax peut être de 5% de la valeur de transaction (dans le cas général présenté).

Augmentation prévue pour les non-citoyens (EDB property schemes) : date à retenir

Si vous achetez un bien sous un schéma EDB (Smart City Scheme, Property Development Scheme, etc.), un changement important a été annoncé : selon une note KPMG (Finance Act 2025), le taux de Registration Duty payable par un non-citoyen passerait de 5% à 10%, et le Land Transfer Tax sur la vente à non-citoyen passerait aussi de 5% à 10%, avec une prise d’effet indiquée au 1er juillet 2026.

Au 25 mars 2026 (date de mise à jour de cet article), ce point est surtout utile pour planifier un achat : si vous visez une acquisition en 2026, la date du 1er juillet 2026 peut changer votre budget de frais.

8) Tableau récapitulatif : impôts & prélèvements qu’un expatrié rencontre le plus souvent

Repères chiffrés (2025/2026) pour estimer “ce que je paie”

Taxe / contribution Qui paie ? Taux / règle (référence) Base / remarque
Impôt sur le revenu (personne physique) Résident / Non-résident (sur revenus mauriciens) 0% (1ers Rs 500k) / 10% (Rs 500k suivants) / 20% (reste) depuis 01/07/2025 Sur le chargeable income (revenu imposable)
Fair Share Contribution (FSC) Personnes à très hauts revenus 15% sur l’excédent au-delà de Rs 12m (income year à partir de 01/07/2025, pour 3 ans) Inclut notamment certains dividendes domestiques dans le seuil
CSG (secteur privé) Salarié + employeur ≤ Rs 50k/mois : 1,5% salarié + 3% employeur ; > Rs 50k/mois : 3% salarié + 6% employeur Sur salaire de base / bonus prescrit (selon règles)
PRGF Employeur 4,5% de la rémunération mensuelle (règle générale du guide) À intégrer dans le “coût employeur” et les négociations salariales
TVA (VAT) Consommateur (supporte), entreprise (collecte) 15% (taux standard) Seuil d’immatriculation abaissé à Rs 3m au 01/10/2025 (selon Budget 2025–2026)
Dividendes (société résidente) Personne physique (bénéficiaire) Exonérés d’impôt sur le revenu (liste MRA) Peuvent néanmoins compter pour certains seuils (ex. FSC)

9) Méthode rapide pour estimer votre fiscalité avant de partir

En 6 étapes (sans tableur complexe)

  1. Déterminez votre statut : résident fiscal probable ou non (183/270 jours, domicile, etc.).
  2. Listez vos revenus : salaire (Maurice/étranger), consulting, loyers, dividendes, intérêts, pensions.
  3. Classez par “source” : revenus dérivés à Maurice vs revenus étrangers potentiellement remitted.
  4. Calculez une base imposable (ordre de grandeur) : brut – déductions/reliefs applicables.
  5. Appliquez le barème 0/10/20 (et vérifiez si vous approchez le seuil FSC à Rs 12m).
  6. Ajoutez les contributions sociales (CSG, et PRGF côté employeur si vous négociez un package).

10) Les erreurs fréquentes des expatriés (et comment les éviter)

  • Confondre “flat tax 15%” et réalité 2025/2026 : le barème va désormais jusqu’à 20%.
  • Oublier les charges sociales (CSG) dans le net en main.
  • Penser que “tout revenu étranger est non imposable” : pour un résident, la question du remittance est déterminante.
  • Ignorer les conventions fiscales et ne pas anticiper les justificatifs (TRC).
  • Sous-estimer les frais immobiliers (registration duty / land transfer tax) et ne pas intégrer la date du 01/07/2026 pour certains schémas non-citoyens.

FAQ – Fiscalité à l’île Maurice : questions que posent vraiment les expatriés

Maurice est-elle vraiment à “15% de flat tax” ?

Pas exactement. Depuis le 1er juillet 2025, l’impôt sur le revenu des personnes physiques est calculé sur le chargeable income avec un barème en trois tranches : 0% sur les premières Rs 500 000, 10% sur les Rs 500 000 suivantes, puis 20% sur le reste. En pratique, cela reste souvent perçu comme “simple” et “faible”, mais ce n’est plus une flat tax unique. Pensez aussi aux contributions sociales (CSG) qui impactent le net.

Si je deviens résident fiscal à Maurice, dois-je déclarer mes revenus étrangers ?

La MRA indique que le revenu étranger (salaires, pensions, loyers, investissements, intérêts, etc.) est taxable dans les mains du résident et précise que le résident est soumis à l’impôt sur les revenus dérivés à Maurice ou remitted to Mauritius. En clair, le “où” et le “quand” vous rapatriez vos revenus peuvent avoir un impact. Et un non-résident, lui, est imposé uniquement sur le revenu net provenant de Maurice (sans déductions/allowances). En cas d’enjeu important, faites valider votre cas.

Les dividendes et les plus-values sont-ils imposés à Maurice ?

Pour les personnes physiques, la MRA liste des revenus exonérés, dont les dividendes payés par une société résidente. La MRA mentionne aussi l’exemption sur certains gains/profits liés à la vente de titres (unités, securities, obligations), ce qui alimente la réputation “pas de capital gains tax”. Attention toutefois : selon des synthèses fiscales, si une opération ressemble à une activité de négoce/trading, l’administration peut requalifier. Et pour les très hauts revenus, certains dividendes peuvent compter dans le seuil de la Fair Share Contribution.

Quels impôts dois-je prévoir si j’achète un bien immobilier à Maurice ?

Les coûts d’acquisition/cession incluent fréquemment le Registration Duty et le Land Transfer Tax (souvent présenté à 5% dans des informations institutionnelles). Si vous achetez sous un schéma EDB (Smart City, PDS, etc.) en tant que non-citoyen, un changement est à anticiper : selon une analyse KPMG liée au Finance Act 2025, le passage à 10% (au lieu de 5%) sur certains droits/taxes serait prévu avec effet au 1er juillet 2026. C’est un point budgétaire majeur si vous planifiez une signature autour de cette date.

Je suis américain : est-ce que le fait de vivre à Maurice suffit pour ne plus payer d’impôts aux États-Unis ?

Non, pas automatiquement. La fiscalité mauricienne peut être favorable, mais certains pays (dont les États-Unis) ont des règles spécifiques : un citoyen américain peut conserver des obligations déclaratives et fiscales aux USA même en vivant à l’étranger. Les conventions fiscales et les mécanismes de crédit d’impôt peuvent aider selon les cas, mais il faut raisonner “Maurice + pays d’origine” (et parfois plusieurs pays si vous avez des revenus internationaux). Pour vos démarches mauriciennes (résidence, TRC, structuration), commencez par clarifier votre statut et vos flux de revenus.

Et maintenant ?

Si vous voulez passer de la théorie au concret (statut de résidence, estimation de votre imposition, structuration d’activité, installation familiale, et éventuellement projet immobilier), Expat Mauritius peut vous accompagner avec une approche “terrain” et un support global. Commencez par leurs ressources et services : Vivre à l’Île Maurice : expatriation clé en main et immobilier, puis complétez avec leurs guides pratiques. Pour une prise de contact et une évaluation, rendez-vous via leur site officiel.