Fiscalité des revenus locatifs à l’île Maurice : imposer ses loyers en 2026

Bailleur mauricien examinant des papiers et une calculatrice dans un appartement ensoleillé.

Les loyers sont imposables à Maurice. En 2026, le bon calcul se fait en roupies mauriciennes (Rs/MUR) et dépend surtout de votre résidence fiscale, de la structure qui détient le bien et du niveau de revenu net que vous percevez. (mra.mu)

Pour un futur résident ou investisseur, l’enjeu n’est pas seulement de payer le juste impôt : il faut aussi savoir quelles dépenses peuvent réduire l’assiette, quand la retenue à la source s’applique et à quelle échéance déposer la déclaration. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis fiscal ou juridique personnalisé.

Ce qu’il faut retenir tout de suite

  • La synthèse officielle de la MRA pour les particuliers confirme que les loyers doivent être intégrés à votre déclaration selon votre situation personnelle ou professionnelle.
  • Un résident fiscal mauricien est imposé sur ses revenus mondiaux, alors qu’un non-résident n’est imposé que sur les revenus de source mauricienne.
  • Pour les particuliers, le barème applicable à partir du 1er juillet 2025 prévoit 0 % sur les premiers Rs 500,000, 10 % sur les Rs 500,000 suivantes et 20 % au-delà.
  • Pour les sociétés, le taux standard de l’impôt sur les sociétés est de 15 % sur les bénéfices imposables, sous réserve des régimes particuliers. (mra.mu)
  • La retenue à la source sur le loyer versé à un particulier est en principe de 7,5 % pour un résident et de 10 % pour un non-résident, avec un seuil minimum de Rs 500. (mra.mu)

Comment les loyers sont-ils imposés à Maurice en 2026 ?

À Maurice, le loyer constitue un revenu taxable. Pour un particulier qui loue en son nom, il entre généralement dans la catégorie des revenus d’activité indépendante ou de location de bien, avec une déclaration annuelle et, selon les seuils, des obligations intermédiaires de Current Payment System (CPS).

Résident fiscal ou non-résident : la première question à poser

La résidence fiscale change tout. D’après la MRA, une personne est en principe résidente si elle a son domicile à Maurice, ou si elle y est présente au moins 183 jours pendant l’année fiscale, ou 270 jours cumulés sur les deux années précédentes. Un résident est ensuite imposé sur l’ensemble de ses revenus de Maurice ou remittés à Maurice, tandis qu’un non-résident n’est imposé que sur son revenu net de source mauricienne.

Pour un investisseur qui achète un bien locatif et s’installe sur l’île, cette distinction est centrale. Elle conditionne non seulement le taux effectif, mais aussi l’accès aux reliefs personnels et la manière de structurer la détention du bien.

Barème applicable aux particuliers en 2026

Voici le barème individuel utilisé pour l’année de revenu 2025/2026, donc pour l’imposition des revenus déclarés en 2026.

Revenu imposable annuel Taux d’imposition Lecture pratique pour un bailleur
Jusqu’à Rs 500,000 0 % La première tranche de chargeable income est taxée à 0 %.
De Rs 500,001 à Rs 1,000,000 10 % La tranche suivante est taxée à 10 % sur la partie correspondante du revenu imposable.
Au-delà de Rs 1,000,000 20 % Le surplus est imposé à 20 %, après déduction des charges admises et des reliefs éventuels.

En pratique, l’impôt se calcule sur le chargeable income, soit le revenu brut diminué des déductions admissibles, des exemptions et des reliefs. La MRA indique notamment que les dépenses engagées pour produire le revenu, les pertes, les bad debts et l’annual allowance peuvent être prises en compte.

Et si le bien est détenu via une société ?

Quand un bien locatif est logé dans une société mauricienne, le principe n’est plus celui du barème personnel, mais celui de l’impôt sur les sociétés. Le taux standard mentionné par la MRA est de 15 % pour les sociétés, avec des régimes spéciaux pour certaines activités.

Pour un investisseur patrimonial, cette solution peut être pertinente, mais elle doit être analysée au cas par cas, car elle change aussi la gestion comptable, la distribution des bénéfices et les obligations déclaratives.

Quels frais peuvent réduire l’assiette imposable ?

La règle de base est simple : ce qui est incurred in the production of income peut, en principe, réduire le revenu imposable, à condition d’être réellement lié à la location, correctement documenté et admis par la loi fiscale. La MRA ajoute aussi les pertes, les créances irrécouvrables et l’annual allowance au panier des déductions possibles pour le calcul du chargeable income.

Déductions fréquentes en pratique

Dans une logique de conformité, on retient surtout les charges qui servent directement à gagner ou à préserver le revenu locatif. Cela inclut souvent, par exemple, les frais de gestion, les prestations de maintenance, certaines réparations courantes ou les honoraires professionnels, mais uniquement si ces dépenses sont justifiées et cohérentes avec la nature de la location. Cette lecture est une mise en pratique de la règle officielle, pas une liste fermée fournie par la MRA.

  • Conservez les factures, contrats et preuves de paiement, car la déduction repose sur des justificatifs solides.
  • Distinguez les dépenses de conservation du bien des dépenses personnelles, car seules les premières ont vocation à réduire le revenu imposable.
  • Vérifiez chaque année si une charge est courante, capitalisée ou déjà couverte par un autre mécanisme fiscal.

La MRA détaille aussi les reliefs et déductions réservés aux résidents. Ce point compte si vous êtes fiscalement résident, mais il ne faut pas confondre ces mécanismes avec un abattement automatique sur les loyers. (mra.mu)

À ne pas confondre avec l’allègement sur le prêt logement

La MRA précise qu’un relief d’intérêts peut exister pour un prêt hypothécaire ou une charge fixe contractée exclusivement pour l’achat ou la construction de sa maison. Ce mécanisme vise l’habitation principale, pas une logique purement locative. Autrement dit, il ne faut pas le transposer automatiquement à un investissement destiné à la location. (mra.mu)

Si vous achetez pour louer, l’optimisation passe donc davantage par la qualification correcte des charges, la tenue des comptes et le choix de la structure de détention que par un abattement automatique sur les loyers.

Déclarer ses revenus locatifs : quelles obligations en 2026 ?

La MRA fonctionne sur un système d’auto-évaluation. Si vous percevez des loyers, vous devez vérifier si vous êtes tenu de remplir une déclaration annuelle, et éventuellement des déclarations CPS intermédiaires. L’important n’est pas seulement de payer, mais de déclarer correctement au bon moment. (mra.mu)

Quand faut-il déposer une déclaration ?

Une personne qui reçoit des revenus de trade, business, profession, agriculture, rents et autres sources doit remplir une return of income si elle est enregistrée à la MRA, si elle réalise un chargeable income, ou si son total net income dépasse Rs 500,000 sur l’année. La MRA indique aussi qu’un revenu soumis à tax deduction at source reste à déclarer dans le cadre approprié.

Quand le CPS s’applique-t-il aux revenus locatifs ?

Pour un self-employed taxpayer, la MRA précise que le CPS couvre aussi le rental income lorsque le gross income relevant du CPS dépasse Rs 4 million pour l’année précédente et que l’impôt dû sur le chargeable income excède Rs 500. Les déclarations sont alors trimestrielles, avec des échéances spécifiques pour les périodes se terminant le 30 septembre, le 31 décembre et le 31 mars.

Le dépôt annuel reste obligatoire à la fin de l’année fiscale, avec une date normale au 30 septembre et un délai prolongé au 15 octobre pour les contribuables qui déposent électroniquement et règlent par les moyens acceptés. (mra.mu)

La retenue à la source sur les loyers

Pour la mécanique pratique, la FAQ officielle de la MRA sur le TDS rappelle que la retenue est un acompte et non un impôt définitif. La taxe retenue à la source est ensuite imputée sur la dette fiscale du bénéficiaire.

« Deduction of tax at source is an advance payment of taxes. »

Concrètement, le locataire ou l’intermédiaire qui paie le loyer doit, dans certains cas, retenir 7,5 % pour un résident ou 10 % pour un non-résident, avec un seuil minimum de Rs 500. La MRA précise aussi que les personnes autres qu’un individu doivent généralement opérer cette retenue.

Pour des situations plus spécifiques, comme la location avec board and lodging ou certaines mises à disposition via un service provider, la retenue peut être de 5 %. Cette règle vise les paiements à l’owner of an immovable property or his agent, notamment dans certains schémas touristiques ou de property management.

Quelques repères pour un investisseur qui arrive à Maurice

Si vous achetez un bien immobilier pour y vivre ou pour constituer un patrimoine locatif, le seuil d’accès à la résidence par acquisition immobilière est un point clé. La page officielle de l’EDB sur l’immobilier précise qu’un non-citoyen peut obtenir un permis de résidence lors de l’acquisition d’un bien résidentiel d’une valeur supérieure à USD 375,000, tant qu’il en reste propriétaire.

Dans les programmes IRS/RES, les règles de mise en location sont encadrées : le propriétaire ne doit pas offrir le bien en location autrement que par la structure ou le prestataire prévu par le schéma. Cette contrainte doit être vérifiée avant tout achat orienté rendement. (edbmauritius.org)

Choisir la bonne structure pour louer à Maurice

Le bon véhicule juridique dépend de votre objectif. Si vous recherchez une gestion simple pour un bien unique, la détention en nom propre peut suffire. Si vous visez une stratégie patrimoniale plus large, la société peut devenir intéressante, mais elle implique des comptes, un suivi fiscal et des arbitrages sur la distribution des bénéfices.

  • La détention en nom propre est souvent plus simple pour débuter, surtout si les loyers restent modestes.
  • La société peut être utile pour isoler le patrimoine et professionnaliser la gestion, mais son coût de structure doit être intégré au rendement net.
  • Les schémas d’achat étrangers liés à la résidence, comme certains projets immobiliers au-dessus de USD 375,000, doivent être lus avec une logique d’investissement et d’occupation, pas uniquement de rendement.

Si vous préparez aussi votre installation pratique, les guides pratiques pour préparer une expatriation à Maurice couvrent le budget, la banque, les démarches et d’autres sujets utiles pour éviter de construire votre projet locatif à l’aveugle.

Faut-il payer l’impôt si les loyers sont déjà taxés à la source ?

Oui, en principe il faut quand même déclarer. La retenue à la source n’efface pas l’obligation fiscale : elle vient simplement en acompte de l’impôt final. La MRA le rappelle clairement dans sa FAQ sur le TDS.

Cela signifie que la bonne méthode consiste à suivre le loyer brut, les charges admises, le TDS éventuel et le résultat net imposable. Un investisseur peut ainsi éviter les doubles erreurs : sous-déclarer parce qu’il y a eu une retenue, ou surpayer parce qu’il n’a pas correctement imputé ses charges.

Pour vérifier le cadre juridique de ce site et de son éditeur, les mentions légales d’Expat Mauritius sont consultables en ligne.

FAQ sur la fiscalité des revenus locatifs à Maurice

Comment sont imposés les revenus locatifs à l’île Maurice en 2026 et quelles sont les tranches d’imposition applicables ?

En 2026, les loyers d’un particulier sont intégrés au chargeable income et imposés selon le barème individuel en vigueur à partir du 1er juillet 2025. La MRA applique 0 % sur les premiers Rs 500,000, 10 % sur les Rs 500,000 suivantes et 20 % au-delà. Un résident est imposé sur son revenu mondial, alors qu’un non-résident est imposé uniquement sur le revenu net de source mauricienne.

Quels frais et charges peut-on déduire des revenus locatifs à Maurice pour réduire l’assiette fiscale en 2026 ?

La règle officielle est celle des dépenses engagées pour produire le revenu, auxquelles s’ajoutent certaines pertes, les créances irrécouvrables et l’annual allowance. En pratique, il faut surtout viser les charges directement liées à la location et les documenter sérieusement. La liste exacte dépend de la nature du bien, du contrat et de la manière dont la dépense est comptabilisée. La MRA n’offre pas une liste unique « tout compris » pour tous les propriétaires.

Existe-t-il une exonération ou un abattement spécifique sur les revenus locatifs pour les particuliers résidents à Maurice en 2026 ?

À la lecture des sources officielles consultées, je n’ai pas identifié d’abattement spécifique réservé aux loyers eux-mêmes. Pour un résident, l’optimisation passe surtout par les reliefs personnels disponibles, par les dépenses admises et par la bonne qualification du revenu. Le relief d’intérêts sur prêt logement existe bien, mais il vise l’achat ou la construction de sa maison, pas un bien purement locatif. (mra.mu)

Comment déclarer les revenus locatifs et quelles sont les obligations de reporting auprès de la Mauritius Revenue Authority en 2026 ?

Si vous percevez des loyers, vous devez vérifier si vous remplissez les critères de dépôt d’une return of income, notamment en cas de chargeable income ou si votre total net income dépasse Rs 500,000. Si votre activité locative relève du CPS, des statements trimestriels peuvent aussi être exigés. La date de dépôt annuelle est en principe le 30 septembre, avec une extension au 15 octobre pour l’e-filing et le paiement électronique.

Le régime fiscal des revenus locatifs à Maurice prévoit-il des crédits d’impôt ou des incitations pour les investissements immobiliers en 2026 ?

Les sources officielles montrent surtout des mécanismes de barème, de déductions et de retenue à la source, plutôt qu’un crédit d’impôt dédié aux loyers. En revanche, l’investissement immobilier peut ouvrir des droits en matière de résidence, notamment au-delà de USD 375,000, ce qui relève davantage de l’attractivité du projet patrimonial que d’un crédit fiscal sur le loyer lui-même.

Et maintenant ?

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Pour aller plus loin dans la préparation de votre installation, les équipes peuvent aussi vous orienter sur les démarches liées au visa, à la résidence et à l’immobilier afin de construire une stratégie cohérente dès le départ.