Histoire de l’île Maurice : repères clés, dates et chronologie

Illustration éditoriale premium de l’île Maurice vue du dessus avec lagon turquoise, frise chronologique graphique et collage d’éléments coloniaux (voiliers, canne à sucre, architecture patrimoniale) sur fond de cartographie sépia — histoire ile maurice

Tout commence par une île longtemps inhabitée, devenue en quelques siècles un carrefour de peuples, de langues et de routes maritimes.

Si vous cherchez une chronologie claire de l’histoire de l’île Maurice (colonisations, abolition de l’esclavage, arrivée des engagés, indépendance, République…), cet article rassemble les repères essentiels et explique pourquoi ces dates ont façonné la société mauricienne d’aujourd’hui. Pour aller plus loin dans votre projet de vie sur place, vous pouvez aussi consulter les guías de expatriación d’Expat Mauritius.

Avant la colonisation : une île sans population permanente

Avant l’arrivée des Européens, l’île Maurice ne possède pas de population autochtone : son histoire commence donc sans “peuple premier” au sens classique. Les navigateurs arabes puis portugais repèrent l’archipel des Mascareignes au fil des routes vers l’océan Indien, mais sans installation durable. (en.wikipedia.org)

Cette absence d’occupation humaine ancienne explique deux traits majeurs de l’île : une biodiversité endémique très vulnérable, et une société construite ensuite par vagues migratoires successives (Europe, Afrique, Madagascar, Inde, Chine…). (whc.unesco.org)

Un symbole mondial : le dodo

L’oiseau le plus célèbre de Maurice, le dodo, illustre la fragilité des écosystèmes insulaires face aux espèces introduites et à la transformation des habitats au XVIIe siècle. Même si les dates précises d’extinction varient selon les sources, le consensus scientifique situe la disparition du dodo à la fin du XVIIe siècle, après l’implantation humaine et l’introduction d’animaux invasifs. (govmu.org)

Les grandes périodes coloniales (1598–1810)

1598–1710 : la période hollandaise (Mauritius)

En 1598, une escadre néerlandaise menée par l’amiral Wybrand Van Warwyck débarque à Grand Port et donne à l’île le nom de Mauritius (en l’honneur de Maurice de Nassau). Les Néerlandais tentent ensuite plusieurs installations, exploitent notamment l’ébène et introduisent des animaux et des plantes (dont la canne à sucre), avant d’abandonner l’île en 1710. (govmu.org)

1715–1810 : la période française (Isle de France)

La France prend officiellement possession de l’île en septembre 1715 et la rebaptise Isle de France. Port-Louis se développe comme base navale et centre logistique sur la route des Indes ; l’économie sucrière se structure et l’esclavage devient un pilier du système de plantation. (govmu.org)

Cette période française laisse une empreinte durable : une partie du droit et de l’administration, de nombreux toponymes, et le français comme langue majeure de la vie culturelle et médiatique. (govmu.org)

1810 : conquête britannique et bascule géopolitique

En 1810, dans le contexte des guerres napoléoniennes, l’île (alors Isle de France) est au cœur des rivalités navales. Après des combats, la France capitule le 3 décembre 1810 : l’île repasse sous contrôle britannique et reprend le nom de Mauritius. (britannica.com)

Chronologie essentielle (repères rapides)

Date Événement Pourquoi c’est important
1598 Prise de possession hollandaise, nom “Mauritius” Début de la colonisation européenne et du nom actuel
1710 Départ des Hollandais Fin d’un premier cycle de colonisation
1715 Prise de possession française, “Isle de France” Structuration de Port-Louis et de l’économie de plantation
3 déc. 1810 Capitulation française Début de l’administration britannique
1834–1920 Arrivée massive de travailleurs engagés via l’Aapravasi Ghat Transformation démographique et culturelle
12 mars 1968 Indépendance Naissance de l’État mauricien moderne
12 mars 1992 Proclamation de la République Nouvelle étape institutionnelle (fin de la monarchie)

Maurice sous administration britannique (1810–1968) : abolition, engagisme, société plurielle

Une particularité : continuités juridiques et culturelles

La période britannique (1810–1968) n’efface pas l’héritage français : la langue française et certains cadres juridiques restent très présents, tandis que l’anglais s’installe comme langue de l’administration. Cette double influence explique encore aujourd’hui la coexistence des langues et des références culturelles sur l’île. (govmu.org)

Abolition de l’esclavage : une rupture sociale majeure (années 1830)

Dans l’Empire britannique, la Slavery Abolition Act reçoit la sanction royale en 1833 et entre en vigueur en 1834, avec une période dite d’“apprentissage” (apprenticeship) avant la liberté complète. (en.wikipedia.org)

À Maurice, la transition s’accompagne aussi d’une logique de compensation financière aux propriétaires d’esclaves : des débats parlementaires britanniques de 1835 mentionnent un montant dédié à Maurice (Mauritius) dans le cadre du plan global de compensation. (api.parliament.uk)

Sur le terrain, la sortie de l’esclavage ne signifie pas une égalité immédiate : l’organisation du travail, l’accès à la terre et la hiérarchie sociale se recomposent sur plusieurs décennies, avec des tensions dans le secteur sucrier. (en.wikipedia.org)

1834–1920 : l’engagisme et l’Aapravasi Ghat (UNESCO)

Pour remplacer la main-d’œuvre servile, l’administration britannique lance ce qu’elle appelle le “Great Experiment” : le recours à des travailleurs sous contrat (engagés). L’Ghat Aapravasi, à Port-Louis, est l’un des sites centraux de cette histoire : entre 1834 et 1920, près d’un demi-million de travailleurs engagés y arrivent depuis l’Inde (et d’autres régions), pour travailler notamment dans les plantations sucrières. (whc.unesco.org)

Classé au patrimoine mondial, le site se visite aujourd’hui comme un lieu de mémoire majeur, au même titre que d’autres sites symboliques. Pour en savoir plus : page UNESCO de l’Aapravasi Ghat. (whc.unesco.org)

Le Morne : mémoire du marronnage (UNESCO)

Autre repère incontournable : Le Morne, utilisé comme refuge par des esclaves en fuite (marrons) au XVIIIe et au début du XIXe siècle. Le site est aujourd’hui un symbole de résistance et de mémoire, inscrit au patrimoine mondial. (whc.unesco.org)

Ressource fiable : page UNESCO du “Le Morne Cultural Landscape”. (whc.unesco.org)

Indépendance et République : les dates politiques à connaître

12 mars 1968 : l’indépendance

Maurice obtient son indépendance le 12 mars 1968. Cette date marque la naissance du pays moderne, après plus d’un siècle et demi de période britannique, et reste célébrée chaque année. (en.wikipedia.org)

12 mars 1992 : Maurice devient une République

EL 12 mars 1992, Maurice devient une République au sein du Commonwealth, après une réforme constitutionnelle engagée en 1991. La coïncidence de date (12 mars) souligne la continuité symbolique entre indépendance et évolution institutionnelle. (en.wikipedia.org)

Maurice contemporaine : diversification économique et enjeux territoriaux

Années 1970 : l’Export Processing Zone (EPZ) et la transformation économique

Après l’indépendance, le pays met en place une stratégie d’industrialisation tournée vers l’export. La loi sur les Export Processing Zones entre en application en 1970. Selon l’UNIDO, dès mars 1973, l’EPZ compte plus de 14 000 emplois Y 34 nouvelles usines, notamment dans le textile et l’habillement. (unido.org)

Des institutions internationales ont également analysé ce modèle : le FMI souligne l’importance de l’EPZ et du contexte commercial mondial (textile) dans la trajectoire de croissance mauricienne, notamment à partir des années 1980. (imf.org)

Un pays insulaire très dense : quelques chiffres récents

Pour situer l’échelle du territoire : la population de la République de Maurice est estimée à 1 244 477 habitants fin 2024, avec une répartition indiquée par îles (Maurice, Rodrigues, autres îles). Ces ordres de grandeur aident à comprendre les enjeux de foncier, de mobilité et d’aménagement. (estadísticasmauritius.govmu.org)

Source officielle utile : Statistics Mauritius (publications démographie et indicateurs). (estadísticasmauritius.govmu.org)

Le dossier des Chagos : un héritage colonial qui évolue encore (1965–2026)

Un point souvent méconnu dans l’histoire de l’île Maurice concerne l’archipel des Chagos, séparé de Maurice en 1965 avant l’indépendance. En février 2019, la Cour internationale de Justice (CIJ) rend un avis consultatif estimant que la décolonisation de Maurice n’a pas été légalement complétée en 1968 du fait de cette séparation, et que le Royaume-Uni doit mettre fin à son administration “aussi rapidement que possible”. (icj-cij.org)

En mai 2019, l’Assemblée générale des Nations unies adopte un texte allant dans le sens de cet avis, en appelant à la “décolonisation complète” de Maurice. (press.un.org)

Plus récemment, un accord Royaume-Uni/Maurice annoncé comme signé en mai 2025 prévoit un transfert de souveraineté, avec un mécanisme de bail de 99 ans pour la base de Diego Garcia. Les modalités restent un sujet politique et diplomatique suivi de près début 2026. (theguardian.com)

Pourquoi ces repères historiques comptent (vraiment) quand on s’installe à Maurice

Comprendre l’histoire de l’île Maurice, ce n’est pas seulement “apprendre des dates” : cela aide à lire le pays au quotidien. La cohabitation linguistique (anglais administratif, français très présent, créole), la place des religions et des fêtes, ou encore la diversité culinaire et culturelle prennent sens quand on connaît les grandes étapes (esclavage, engagisme, indépendance). (whc.unesco.org)

Pour un projet d’expatriation, ces repères facilitent aussi les échanges : avec l’administration, une école, une banque, ou des partenaires d’affaires. Expat Mauritius présente ses services et son accompagnement global pour vivre et investir sur l’île sur sa page Vivir en Mauricio: expatriación llave en mano y bienes raíces.

FAQ – Questions fréquentes sur l’histoire de l’île Maurice

Quelles sont les grandes périodes de colonisation de l’île Maurice ?

L’histoire de l’île Maurice est souvent résumée en trois grandes périodes coloniales : la période hollandaise (1598–1710), la période française (1715–1810, sous le nom d’Isle de France), puis la période britannique (1810–1968). Entre ces dates, l’île change de rôle : escale maritime, base navale, puis économie de plantation (sucre) structurée autour de l’esclavage, avant une recomposition majeure après l’abolition et l’arrivée de travailleurs engagés. (govmu.org)

Pourquoi l’île Maurice s’appelait “Isle de France” ?

Le nom “Isle de France” correspond à la période française. En septembre 1715, la France prend possession de l’île et la rebaptise ainsi, dans un contexte de rivalités navales et commerciales sur la route des Indes. Le nom reflète l’objectif stratégique : sécuriser une base dans l’océan Indien et structurer Port-Louis comme port et arsenal. Même après 1810, lorsque l’île repasse sous domination britannique et reprend “Mauritius”, l’héritage français reste très visible dans la culture et les toponymes. (govmu.org)

Quelle est la différence entre l’abolition de l’esclavage et l’arrivée des engagés ?

L’abolition de l’esclavage correspond à la fin légale de la servitude dans l’Empire britannique, mise en œuvre à partir de 1834, avec une période transitoire dite “apprentissage”. L’arrivée des engagés est un système distinct : des travailleurs recrutés sous contrat (notamment en Inde) pour répondre au manque de main-d’œuvre des plantations après l’abolition. À Maurice, ce mouvement est massif et durable : l’Aapravasi Ghat est le site emblématique de cette migration, reconnue par l’UNESCO. (en.wikipedia.org)

Pourquoi le 12 mars est-il une date si importante à Maurice ?

Le 12 mars est une date “doublement fondatrice”. D’abord, Maurice devient indépendante le 12 mars 1968 : c’est la naissance de l’État mauricien souverain. Ensuite, le pays devient une République le 12 mars 1992, après une réforme constitutionnelle : cette étape met fin au statut de monarchie constitutionnelle et confirme une nouvelle organisation institutionnelle, tout en restant dans le Commonwealth. C’est pourquoi le 12 mars est une date centrale dans la mémoire nationale et les célébrations. (en.wikipedia.org)

Qu’est-ce que l’Aapravasi Ghat et pourquoi est-il classé UNESCO ?

L’Aapravasi Ghat, à Port-Louis, est un ancien dépôt d’immigration : c’est l’un des lieux où commence la diaspora moderne des travailleurs sous contrat (“engagés”). L’UNESCO souligne que Maurice est choisie dès 1834 pour expérimenter ce système de “travail libre” après l’abolition de l’esclavage. Entre 1834 et 1920, près d’un demi-million de travailleurs engagés arrivent via ce point d’entrée, ce qui transforme profondément la société mauricienne. Le site est classé pour sa valeur historique mondiale liée aux migrations du XIXe siècle. (whc.unesco.org)

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