Une île, douze dates, et toute une identité.
Si vous cherchez un résumé clair de l’histoire de l’île Maurice, ces repères chronologiques vous donnent une vue d’ensemble fiable : colonisations successives (hollandaise, française, britannique), abolition de l’esclavage, arrivée des travailleurs engagés, évolutions économiques, puis indépendance et République. En quelques minutes, vous comprendrez pourquoi Maurice est aujourd’hui une nation multiculturelle, plurilingue et tournée vers l’océan Indien.
Pour aller plus loin sur la vie quotidienne, les démarches et l’installation, vous pouvez aussi consulter les guides d’expatriation d’Expat Mauritius.
Sommaire
- 12 dates à retenir (avec contexte)
- Tableau récapitulatif : la timeline en un coup d’œil
- Ce que ces repères expliquent sur la société mauricienne d’aujourd’hui
- FAQ sur l’histoire mauricienne
Les 12 dates incontournables de l’histoire mauricienne
1598 – Les Hollandais débarquent et donnent le nom « Mauritius »
À la fin du XVIe siècle, des navigateurs hollandais prennent possession de l’île et la baptisent Mauritius (en référence au prince Maurice de Nassau). Ce moment est un vrai point de départ : il fixe un nom qui traversera les siècles et ouvre la voie à une présence européenne plus structurée. Pour comprendre la suite, il faut retenir que l’île est alors inhabitée (mais probablement connue de marins arabes depuis bien plus tôt), ce qui explique la logique d’escale maritime dans l’océan Indien.
Source utile : Britannica – History of Mauritius.
1638 – Première colonie hollandaise (installation durable)
Les Hollandais ne se contentent plus de passer : ils s’installent. Cette période est marquée par l’exploitation de ressources (notamment l’ébène), l’introduction de cultures et d’animaux, et une première organisation coloniale. C’est aussi une phase où l’empreinte écologique s’accélère (déforestation, espèces introduites), un sujet qui résonne encore aujourd’hui dans l’attention portée aux écosystèmes mauriciens.
Pour situer le cadre colonial : Britannica – History of Mauritius.
1710 – Abandon hollandais : l’île redevient une escale convoitée
Après des tentatives coûteuses et peu rentables, les Hollandais quittent l’île. Ce retrait a une conséquence directe : Maurice redevient un territoire stratégique « à prendre », sur une route maritime majeure entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Cet entre-deux prépare l’arrivée française, puis l’importance militaire de l’île au début du XIXe siècle.
Repère clé confirmé par : Britannica – History of Mauritius.
1721 – Début de l’occupation française : « Isle de France »
La Compagnie française des Indes orientales occupe l’île et la renomme Isle de France. Le peuplement s’intensifie progressivement, et l’administration française structure durablement le territoire. Un héritage très visible demeure : le droit, certaines institutions, et une forte présence de la langue française dans la culture et la vie quotidienne, y compris après la période britannique.
Source de référence : Britannica – History of Mauritius.
1736 – Port-Louis devient centre administratif (et grand port de ravitaillement)
Sous administration française, Port-Louis s’impose comme cœur administratif et port stratégique de l’île. Sa géographie (relativement protégée) et sa position sur les routes maritimes en font une base logistique majeure entre l’Europe et l’Asie. Aujourd’hui encore, Port-Louis concentre des institutions, des lieux de mémoire (musées, bâtiments historiques) et une grande partie de l’activité économique.
Pour un repère de date (1736) : Port Louis – historique.
1810 – Campagne de Maurice : bataille de Grand Port (août) et capitulation (décembre)
L’année 1810 est décisive : la bataille navale de Grand Port (août 1810) est célèbre comme une rare défaite britannique en mer pendant les guerres napoléoniennes. Mais la victoire française est de courte durée : une force britannique d’ampleur débarque ensuite, et l’île capitule en décembre 1810. Maurice bascule alors dans l’orbite britannique, tout en conservant une forte continuité culturelle française.
Récit détaillé et chiffré : Britannica – Battle of Grand Port.
Un trait marquant de l’histoire mauricienne est cette continuité : même sous souveraineté britannique, de nombreux usages, lois et références culturelles d’origine française restent structurants.
2 novembre 1834 – Arrivée des premiers travailleurs engagés indiens (début d’une migration majeure)
Après l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique, Maurice devient un laboratoire du recours à la main-d’œuvre sous contrat : l’« engagisme ». Un repère symbolique souvent cité est l’arrivée de 36 travailleurs engagés le 2 novembre 1834, à bord du Atlas, au tout début de ce système. À l’échelle du XIXe siècle, ce mouvement va transformer durablement la démographie, les langues, les religions et la culture de l’île.
Source : Britannica – Aapravasi Ghat.
1er février 1835 – Abolition de l’esclavage à Maurice
L’esclavage est aboli à Maurice en 1835 (commémoré le 1er février). Cette date structure encore la mémoire nationale : elle explique une partie des héritages sociaux, fonciers et culturels, et elle éclaire aussi l’émergence du système d’engagisme. Pour appréhender ce tournant sans simplifier, il faut retenir que l’après-abolition n’efface pas instantanément les inégalités : il ouvre plutôt une période de transitions et de recompositions.
Sources : Britannica – History of Mauritius ; UNESCO – Slave Trade and Slavery Records in Mauritius (1721–1892).
1849 – Construction du dépôt d’immigration d’Aapravasi Ghat
Le dépôt d’immigration d’Aapravasi Ghat, à Port-Louis, est construit en 1849 pour accueillir et enregistrer les travailleurs engagés. Le lieu est central pour comprendre l’histoire sociale mauricienne : selon l’UNESCO, presque un demi-million de travailleurs engagés arrivent entre 1834 et 1920, et Aapravasi Ghat est associé à l’émergence d’une diaspora moderne du travail sous contrat. Le site est aujourd’hui un lieu de mémoire majeur.
Sources : UNESCO – Aapravasi Ghat (fiche officielle) ; Britannica – Aapravasi Ghat.
1869 – Ouverture du canal de Suez : Port-Louis perd une partie de son rôle maritime
L’ouverture du canal de Suez en 1869 modifie en profondeur les routes commerciales entre l’Europe et l’Asie. Pour Maurice, la conséquence est nette : les escales dans l’océan Indien évoluent, et Port-Louis voit son activité portuaire diminuer par rapport à l’époque où le contournement du Cap était la norme. Cet exemple montre comment des décisions géopolitiques et techniques prises loin de l’île peuvent redessiner son économie.
Source : Britannica – History of Mauritius.
9 mars 1959 – Premières élections au suffrage universel adulte (chiffre clé)
Le chemin vers l’indépendance passe par l’élargissement de la participation politique. Le 9 mars 1959, des élections générales ont lieu avec, pour la première fois, le suffrage universel adulte. Un chiffre illustre l’ampleur du tournant : le nombre d’électeurs s’élève alors à 208 684. Cette étape rend plus lisible l’émergence d’institutions démocratiques modernes, aujourd’hui au cœur de la stabilité politique mauricienne.
Source : Government of Mauritius – Explore Mauritius.
12 mars 1968 – Indépendance de Maurice
Le 12 mars 1968, Maurice devient un État indépendant au sein du Commonwealth. Cette date est un repère fondamental : elle marque le basculement vers une souveraineté politique complète et une construction nationale assumée. Dans les décennies suivantes, le pays engage des transformations économiques majeures (diversification au-delà du sucre, industrialisation, puis montée des services), ce qui contribue à l’image actuelle de Maurice : un petit État insulaire, mais très connecté aux échanges internationaux.
Sources : Britannica – Independence of Mauritius ; Government of Mauritius – repères institutionnels.
12 mars 1992 – Maurice devient une République
Le 12 mars 1992, Maurice devient une République au sein du Commonwealth. Le pays passe d’une monarchie constitutionnelle (avec le monarque britannique comme chef d’État) à un système avec un président comme chef d’État, tout en conservant un régime parlementaire. Cette évolution institutionnelle consolide une identité politique propre, en continuité avec l’indépendance obtenue 24 ans plus tôt.
Sources : Britannica – Mauritius becomes a republic ; Government of Mauritius – 12 March 1992.
Tableau récapitulatif : l’histoire de l’île Maurice en 12 dates
Timeline synthétique (date, événement, impact)
| Date | Événement | Pourquoi c’est un repère |
|---|---|---|
| 1598 | Prise de possession hollandaise, nom « Mauritius » | Le nom s’installe et l’île devient un enjeu maritime |
| 1638 | Première colonie hollandaise | Début d’une occupation durable et d’un impact écologique |
| 1710 | Départ des Hollandais | Île à nouveau convoitée, transition vers l’époque française |
| 1721 | Occupation française (Compagnie des Indes), « Isle de France » | Structuration administrative et héritage francophone fort |
| 1736 | Port-Louis devient centre administratif | Port stratégique, encore central aujourd’hui |
| 1810 | Bataille de Grand Port et conquête britannique | Transition vers l’administration britannique |
| 02/11/1834 | Premiers engagés indiens (début symbolique) | Début d’une transformation démographique majeure |
| 01/02/1835 | Abolition de l’esclavage | Tournant social et économique décisif |
| 1849 | Construction d’Aapravasi Ghat | Lieu-clé de l’histoire de l’engagisme et de la diaspora |
| 1869 | Ouverture du canal de Suez | Reconfiguration des routes maritimes et du rôle de Port-Louis |
| 09/03/1959 | Élections au suffrage universel adulte (208 684 électeurs) | Étape majeure vers l’autonomie politique |
| 12/03/1968 | Indépendance | Naissance de l’État mauricien souverain |
| 12/03/1992 | Proclamation de la République | Consolidation institutionnelle moderne |
Ce que ces repères expliquent sur Maurice aujourd’hui
Une société multiculturelle née de plusieurs vagues historiques
Les périodes d’esclavage puis d’engagisme, combinées aux influences européennes (France/Grande-Bretagne) et aux circulations régionales (Afrique, Inde, Chine, Madagascar), expliquent la diversité mauricienne actuelle : cuisines, fêtes, religions, langues, patronymes, et quartiers. L’exemple d’Aapravasi Ghat est parlant : l’UNESCO rappelle l’arrivée de presque un demi-million de travailleurs engagés entre 1834 et 1920, un fait déterminant dans la composition démographique contemporaine.
À lire : UNESCO – Aapravasi Ghat.
Une culture juridique et linguistique « mixte »
La colonisation britannique (à partir de 1810) n’a pas effacé l’empreinte française : des éléments de langue, de culture et de traditions administratives restent visibles. Résultat : un pays où l’on navigue naturellement entre plusieurs registres linguistiques et culturels, ce qui fait souvent partie du « choc positif » ressenti à l’installation.
Référence synthétique : Britannica – History of Mauritius.
Un territoire petit, mais stratégique (hier comme aujourd’hui)
Des routes maritimes à la géopolitique contemporaine, l’emplacement de Maurice dans l’océan Indien compte. Un exemple historique simple : l’ouverture du canal de Suez en 1869 change les flux et réduit l’importance relative des escales, ce qui montre à quel point l’économie insulaire est sensible aux grands corridors commerciaux.
FAQ – Questions fréquentes sur l’histoire de l’île Maurice
Pourquoi l’île Maurice a-t-elle eu plusieurs noms (Mauritius, Isle de France, Mauritius) ?
Les noms de l’île reflètent les puissances qui l’ont administrée. « Mauritius » apparaît avec la prise de possession hollandaise (fin XVIe siècle). Sous occupation française, l’île est renommée « Isle de France » (début XVIIIe). Après la conquête britannique (1810), le nom « Mauritius » est rétabli. Ce va-et-vient est utile pour lire les documents historiques (cartes, archives, bâtiments) et comprendre pourquoi l’influence française reste forte malgré la période britannique.
Quelle est la différence entre l’esclavage et l’engagisme à Maurice ?
L’esclavage reposait sur la propriété forcée de personnes, aboli à Maurice en 1835 (commémoré le 1er février). L’engagisme est un système de travail sous contrat, développé ensuite à grande échelle, notamment avec des arrivées depuis l’Inde. L’UNESCO souligne que ce mouvement (1834–1920) a concerné presque un demi-million de travailleurs engagés via Port-Louis, et qu’Aapravasi Ghat est un site majeur de cette mémoire. Les deux systèmes ont façonné la société mauricienne, mais avec des statuts et des temporalités distincts.
Pourquoi la date du 12 mars est-elle si importante à Maurice ?
Le 12 mars cumule deux repères institutionnels : l’indépendance (12 mars 1968) et la proclamation de la République (12 mars 1992). Cette double symbolique en fait un marqueur fort de l’identité civique nationale, souvent célébré comme un temps de cohésion. Comprendre ce choix aide aussi à saisir la continuité politique : Maurice évolue vers plus de souveraineté sans rupture brutale du régime parlementaire. C’est une date que l’on retrouve dans les commémorations, les discours officiels et la culture populaire.
Quels sites visiter pour « voir » l’histoire mauricienne sur place ?
Pour relier la chronologie à des lieux concrets, Aapravasi Ghat (Port-Louis) est incontournable : l’UNESCO en fait un site-clé de l’histoire de l’engagisme et des migrations de travailleurs sous contrat. À Port-Louis, on peut aussi repérer l’héritage colonial dans l’architecture et l’organisation urbaine. Pour les passionnés de période napoléonienne, la région de Grand Port renvoie à la campagne de 1810. Enfin, de nombreux musées et bâtiments historiques aident à comprendre l’évolution sociale de l’île, notamment autour de l’esclavage et de l’après-abolition.
Et maintenant ?
Comprendre l’histoire de l’île Maurice, c’est aussi mieux décoder ses codes culturels, ses fêtes, sa diversité et sa manière de vivre. Si vous préparez un projet d’installation (visa/permis, logement, scolarité, création d’entreprise), vous pouvez découvrir l’accompagnement proposé par Expat Mauritius (Vivre à l’Île Maurice : expatriation clé en main et immobilier) et demander une évaluation gratuite via les canaux de contact indiqués sur le site.


